---------------------------------------------------------

Dans les ténèbres d'une nuit orageuse

12. Dans les ténèbres d'une nuit orageuse.

 

J'ai profité du silence de sa réflexion pour me remettre de cette nuit agité. Le fait de n'avoir pas dormis me donner la sensation d'être lourd et passif. Elle ne m'avait donné que peu de temps cela dit, j'eus à peine le temps de m'assoir sur l'herbe  qu'elle me demandait de me relever.  Prisca voulait en effet tester mes capacités en l'affrontant dans un petit combat. Je ne savais encore pourquoi mais j'avais accepté. Quelle erreur avais-je commise en acceptant cette invitation ? Fangh se mit alors sur le côté, ne participant pas à l'affrontement. Elle sortit une de ces épées, la plus petite m'avait elle dit, histoire me rassurer. Elle me dit aussi qu'elle n'irait pas fort que de toute manière Tari possédait un excellent pouvoir de guérison. Quoi qu'il en soit, elle s'est mise en position d'attaque et se jeta sur moi à une vitesse hallucinante. Mes yeux ne parvinrent pas à la suivre et j'en fus déboussolé très rapidement. Un vent léger provenant de derrière me prévint de sa présence. Je me suis alors abaisser et elle s'est retrouver projeter dans son propre élan vers l'avant. J'ai dégainé un de mes nouveaux poignards et je me suis jeter vers elle aussi vite que je le pu. Mais elle fut bien plus rapide que moi, rapidement elle vira sur la gauche, virevolta et bloqua son épée au niveau de mon cou. Pris au piège, j'ai agis comme par instinct en prenant la lame directement  avec mes mains afin de la déséquilibrer. Cette stratégie fonctionna mieux que je ne l'aurai cru et je pu me libérer, j'ai alors pointé mon poignard au hasard vers elle. Il lui effleura la joue et j'aperçus, dans la rapidité de l'action, la surprise s'exprimant sur son visage.  Elle passa aux choses sérieuses pour la suite et m'avait neutralisé en quelques secondes. Seulement j'avais usé de quelque chose que je ne soupçonnai pas moi-même. Lorsqu'elle m'avait plaqué à terre d'une force qu'elle n'était pas censé utiliser, ma volonté avait fait se fissurer la terre.

  • - Sa commence à venir, c'est bien! me lança-t-elle.

Je la regardais fixer la terre d'un œil satisfait. Elle reporta son attention sur moi et à ce moment je lui envoyai un jet de terre en pleine figure. Aveugler par la poussière, elle relâcha légèrement son étreinte et j'en ai profité pour lui érafler la peau avec mon poignard. Aucune égratignure n'apparut sur cette peau pâle à l'apparence froide comme le marbre. Elle sortit une autre de ses épées et frappa violement la terre avec, ce qui l'a fit trembler. Un trou assez profond apparut à l'endroit de l'impact. Elle se releva alors et tête baissée elle planta son épée dans le sol aussi facilement que dans du beurre. Puis un soulèvement de terre apparut autour d'elle. Je commençais à me demander si je ne ferai pas mieux d'arrêter là.  Elle mit ses deux mains sur l'épée et tout en fermant les yeux, se mit à réciter une phrase dans sa langue originel. Alors se créa une tornade avec la terre qu'elle avait fait se soulever. Je reculais, de peur d'être entrainé dans cette spirale infernale. Tari, sans doute réveiller par le bruit de la terre s'elevant du sol, intervint et heureusement s'interposa entre elle et moi.

 

  • - N'y va pas aussi fort, il n'est qu'un potentiel!
  • - Je sais mais ... je n'arrive pas à ...
  • - Contrôle-toi!

Tari se précipita sur elle, l'obligeant à lâcher l'épée. Tari créa une spirale de flamme à son tour, quelque chose d'aussi impressionnant que l'avait laissé entendre Nell tout à l'heure. Un genre de bouclier sphérique entourait l'eldaryenne incapable de se maitriser. Elle releva la tête et les yeux noirs en fente avaient remplacé la magnifique teinte de ses prunelles dorées. Tari sortit également une de ses épées et l'invita à l'affrontement. Prisca se releva, un désir de mort se lisant sur son visage.  Elle passa main par-dessus son épaule et  fit apparaitre une lame absolument magnifique, d'un rouge métallique et de forme massive.  Tari faisait face cependant et ne semblait pas décider à se laisser impressionner.  Prisca qui s'était avancé d'un pas si décider, une arme dans chaque main,  ne semblait plus vouloir éliminer son « adversaire ». Elle se figea sur place, tête baissé et bras ballant. Elle lâcha  alors ses deux armes, tomba à genoux et se retint la tête.  Quelques secondes après, j'aperçus ses prunelles larmoyantes et Tari la serrant fort dans ses bras. Nell s'était précipiter vers nous et me demandait ce qu'il se passait. Elle me fit d'ailleurs remarquer, après que je lui eu conté la situation, que je saignais du bras. Je ne m'en préoccupais pas lui dis-je, Son état me préoccupait bien plus que du mien.  Cette dernière releva la tête et je pu constater qu'elle ne possédait plus ses yeux noirs. Elle semblait regretter ce qu'elle venait de faire, je lui ferais comprendre plus tard que sa n'était rien . Nell me conseilla de nous retirer, il valait mieux les laisser ensemble pour le moment.

Nell me dit qu'elle lui faisait également peur. Dès le premier regard, elle a rapidement vu qu'elle n'était pas très stable comme fille. Nell aussi connaissait les légendes sur le professeur Loamsdown, je lui avais demandé histoire de savoir si elle avait fait le lien entre ces légendes et le nom de Prisca. Je cru que non vu qu'elle ne comprenait pas les raisons de cette question. Nous attendîmes leur retour sans savoir réellement de quoi parler. Avec Nell sa n'était pas rare, et l'avantage c'est qu'aucun de nous ne cherchait à combler le silence avec des paroles inutiles. Au moins une heure après, nous les vîmes revenir. Tari l'aidait à tenir debout, visiblement elle n'était plus d'humeur joviale et rieuse. Prisca quant à elle parut vide et sans vie. Je me sentis bizarrement honteux en le voyant arriver. Tari nous conseilla de reprendre la route dès maintenant, elle tenait dans la main le sifflet de Ox'.

  • - Est-ce que Prisca va bien? changeais-de je sujet.
  • - Un peu déboussolé mais sa devrait aller.
  • - Je suis désolé!
  • - Non, non c'est moi qui m'excuse Wili, j'aurai dû le savoir. me dit-elle d'une voix tremblante.
  • - Je regrette sincèrement ce que tu endure.
  • - Je suis vraiment tombé sur le bon cette fois. Souffla-t-elle d'une voix presque inaudible.

Tari nous indiqua notre prochaine destination, le village de Spectre, situer à soixante kilomètre d'ici environs.  Elle avait déjà appelé Ox', ce dernier arriverait d'ici quelques minutes. Elles avaient également appelé un autre cheval du même type que Ox'. Nell ne comprenait pas bien la situation, elle n'avait jamais vu l'équidé, c'était normal après tout. Le village à côté commençait à s'animer, il était bien neuf heure maintenant. La maison en flamme avait alerté, comme prévu, les voisins et un attroupement de personnes entourait la maison. On pouvait entendre leur voix de loin, certaines hurler au meurtrier et d'autres au vandalisme. Après l'épisode du restaurateur retrouvé mort et la famille dans une maison brûlée, ma réputation était déjà toute faite. Je ne remettrai jamais les pieds ici, j'en fais la promesse. Nell avait profité d'un moment d'inattention de la part de Tari pour me prendre à part. Ses questions concernèrent Prisca cette fois-ci et contrairement à tout à l'heure, je l'écoutais avec beaucoup d'attention.

  • - C'est quoi sonproblème au juste ? Elle a déjà fait sa pendant que vous étiez seuls tous les deux?
  • - Non, c'est la première fois en fait. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé.
  • - Qu'est ce qu'il vous arrive? Nous interrogeait Tari.
  • - C'est quoi son problème?
  • - Une légère perte de contrôle.
  • - Ils devraient pas envoyer ce genre de personne, je pense que sa n'est pas le mieux pour ...
  • - Au contraire, Prisca est sans doute la plus fiable pour ramener un potentiel. Elle n'a jamais failli à la mission, pas une seule fois. L'avait coupé Tari.

Visiblement irrité, Nell aurait sans doute préféré qu'elle n'intervienne pas mais moi je l'en remerciai. Les nuages qui suivirent la direction du vent, commencèrent à dégager le ciel.  Au travers des quelques arbres profondément ancré dans la pente de la montagne, le cheval blanc aux crins rouges fit son apparition. Toujours cette démarche gracieuse et rythmé qu'aucun autre cheval n'avait le don de reproduire. Nell le regardait avec passion et envie, Je savais qu'elle allait aimer cette alternative. Plutôt que de marcher, il était bien plus agréable de faire une chevauchée sur ce genre de monture. Le cheval s'était arrêter à notre hauteur et je ne pu me retenir de poser une main sur ses crins flamboyant.  Pendant que notre attention se portait sur Ox', un second cheval fit son apparition. Celui-ci était  noir aux crins blanc-grisée. Il était plus grand qu'Ox et plus trapu, mais malgré cela, son allure restait tout aussi gracieuse.  Tari s'était lever et avait joué une tout autre mélodie que celle de Ox', un son bien plus grave mais tout autant harmonieux.

Le cheval noir remua la tête et je sentais qu'il ne tarderait pas à s'agiter. Prisca interrompit Tari visiblement la mélodie jouer par cette dernière n'était pas ce qu'il fallait jouer.  Elle passa donc la flûte à cette dernière qui s'empressa de jouer un morceau peu différent. Le cheval s'était tranquilliser et ne bougeait plus désormais. Une réaction se produisit au bout de quelques secondes, le cheval remua à nouveau la tête mais de bas en haut cette fois-ci. Il se cabrait légèrement et à chaque descente tapait plus fort du sabot. C'est alors qu'il se mit à courir dans le petit chemin au travers des arbres. Il disparut pendant quelques instants  avant de réapparaitre dans le ciel terne. Loin d'avoir une apparence angélique avec ses ailes de démons, il rappelait entre autre, les serkis de «  légende des terres de Sidonia », un livre passionnant.

  • - Les chevaux folks sont des créatures pleines de surprise. Ne soit pas étonné par ce genre de chose.
  • - J'ai du mal. Riais-je.

Le cheval se posa sans difficulté aux côtés des deux eldaryenne. Je m'étonnais qu'elles utilisent ce genre de monture.  Elles peuvent voler alors pourquoi utiliser un cheval volant. Heureusement Prisca apporta une réponse à mes interrogations.

  • - Will, tu as déjà monter Ox, je pense que tu es capable de monter celui-ci.
  • - Mais Ox' ne frôlait pas les nuages.
  • - Vous iriez bien plus vite avec ce genre de monture, et Ox' en est tout aussi capable tu sais.
  • - Mais qui prend Ox? intervint Nell.
  • - C'est nous, lui dit Tari, tu iras avec Wili sur Gamji.
  • - Il faudrait peut être transférer la scelle de Ox sur Gamji, je ne sais pas monter à cru.
  • - Je m'en charge! nous dit Tari d'un ton exciter.

Elle se jeta sur le cheval blanc et lui retira la scelle en quelques secondes seulement. Le cheval ailé, paisible à présent, avait fais preuve de patience face à cette excité et sa scelle. Visiblement, les ailes noirs de l'animal, empêchait la pose de la scelle sur son dos. Prisca qui avait haussé les sourcils quelques secondes plus tôt,  vola au secours de l'eldaryenne. Elle prit la scelle, la reposa sur Ox' et tout en remettant l'harnachement sur le cheval blanc, elle nous fit comprendre très clairement qu'une scelle était inutile sur un cheval comme Gamji. Sans compter qu'il y allait avoir Nell aussi et que cet équipement ne lui aurait pas permis de monter. 

  • - Tu n'auras qu'à te tenir à ses crins et Enëllya s'accrochera à toi.
  • - Le souci c'est qu'on ne sait pas où on va.
  • - Gamji le sait, tu n'aura même pas à le guider.

J'acquiesçai d'un signe de la tête et Nell en fit de même.  Mes yeux se posèrent à présent sur l'impressionnante monture noire, un cheval d'une tel taille n'existait pas chez nous.  Je ne saurai même pas comment le monter, j'avais accepté par pure confiance en elles. Et même si j'avais refusé elles m'auraient surement forcé à le faire tout de même. Bref je n'avais guère le choix et il valait mieux être en accord avec elles, c'était une chose raisonnable. Fangh me dit qu'il n'allait pas réapparaitre avant notre arrivé au village, il ne pouvait pas monter sur le cheval.  Tari emmena Gamji un peu plus loin pour nous éviter une éventuelle branche au décollage. Prisca quant à elle s'occupait de Ox'. Les deux équidés suivirent les eldaryenne, Nell et moi les imitèrent. La pente était raide cependant, Nell et moi nous fatiguâmes bien plus rapidement qu'eux. Sans compter bien sûr le fait que la route était encore longue avant de voir un petit coin à l'abri des regards des pantenois.  Il nous fallut bien une bonne demi-heure de marche avant de trouver le coin idéal. Nell et moi nous occupâmes de Gamji, ce dernier n'était pas si difficile à monter que je ne l'aurai cru. Même à cru, je suis parvenue à monter sur cet impressionnant animal. Nell me prit la main et je l'a tira vers moi pour lui facilité la montée.  Après s'être assurer que nous fûmes bien installer sur notre monture, Tari donna une tape sur la croupe du cheval et il partit aussitôt au galop. Je ne ressentais pas les mêmes choses que sur Ox', ce cheval suivait moins mes pensées, il n'obéissait qu'à son bon vouloir. Sa démarche laissait à désirer une fois qu'on a monté l'étalon blanc cependant il n'avait rien à lui envié au niveau de la vitesse.  Sa n'est qu'après avoir traversé les quelques arbres s'élevant sur notre chemin qu'il déploya ses grandes ailes noires. Il décolla avec  tant de légèreté et de souplesse que nous eûmes l'impression de ne rien peser.  Mes mains, solidement agrippé à ses crins, ressentirent la fraicheur du vent des montagnes.

Eprouver à nouveau la sensation de voler m'était plus qu'agréable, je n'en demanderai jamais plus. Cela m'importait peu d'avoir les lèvres sèches, la  langue pâteuse, ou les yeux irrités par le vent. Sentir la liberté comme je la ressentais en cet instant était la seule et unique chose qui comptait à mes yeux. Chevaucher Gamji s'avère être aussi agréable que chevaucher Ox ‘, seulement ils sont égaux de deux manière différente. Inquiet par l'avancée  de gros nuages noirs, je frappai les flancs de l'animal l'obligeant à écouter mes pensées. Bien plus têtu que je ne l'aurai cru, il ne prêta aucune attention à mes demandes et se contenta de m'ignorer. Mais les choses finiraient par dégénérer si le canasson se refuser à se montrer raisonnable. Crins tiré, flancs frappé, croupe tapé, J'avais beau essayer, il ne semblait pas décidé à m'obéir. Une légère perturbation fit basculer l'étalon, Je manquai de passer par-dessus bord mais par chance, je pu me rattrapai à ses longs  crins à temps.  Quant à Nell, elle se tenait à moi mais la virée fut suffisamment brutale pour la faire lâcher prise. Elle bascula alors sur la gauche et se retint à une de ses grandes ailes noires.  Je le tapai à nouveau sur les flancs mais bien plus fort que je ne l'avais fais jusqu'à maintenant. Nell, en plus, lui avait arraché quelques plumes en se redressant. Je commençai à croire qu'il ne ressortirait pas indemne de cette balade avec nous. Quoi qu'il en soit, il établit la connexion entre nos deux esprits et je pu enfin lui parler.  Il m'avait répondu qu'il pouvait très bien traverser le nuage de foudre, que sa ne lui causerait aucun problème.

  • - Mais à nous, si! aboyais-je
  • - Je l'ai déjà fait. Me dit-il d'un ton assuré.
  • - Il faut qu'on descende, à la limite tu pourras courir mais là c'est trop dangereux pour nous.
  • - Bon.

Il repliait légèrement ses grandes ailes avant de piquer vers le sol. La descente fut rapide comme je m'y attendais, mais je ne ressentis aucun malaise.  Atterrissage plus ou moins brutale, je manquai à nouveau de voler par-dessus l'animal. Nell n'avait soufflait mot depuis le décollage mais je sentais toujours sa respiration haletante dans ma nuque. Elle s'était sans doute sentie mal à l'ais tout au long du vol.  Sans aucun doute était elle soulager de se retrouver au centre de cette plaine montagnarde.  Nous descendîmes de l'étalon, l'orage était tout proche et ses grondements retentirent avec puissance. Nous continuâmes à marcher à travers la longue et étroite plaine, en pleins centre de la sierra. A l'autre  extrémité de cette étendue, on apercevait un chemin passant outre la montagne et devant un petit bosquet d'épicéa. Quelques gouttelettes tombant en rythme se pointèrent, nous accélérâmes le pas mais elles parvenaient quand même  à nous toucher et mêmes en courant, elles nous rattrapaient toujours. Nous étions toujours sur la montagne et à cette hauteur, un vent frigorifique nous percuta de pleins fouets. Nous dûmes nous arrêter, le temps de monter Gamji qui nous emmena au plus vite près du bosquet. Une fois arrivé, les rafales ne cessèrent pas et, au contraire, s'amplifièrent. L'orage tonna et les éclairs se firent de plus en plus fréquents. Nous nous sommes tous trois rapproché, le cheval nous réchauffait de ses grandes ailes noires. Nell se tenait fort à moi, j'avais passé mon bras par-dessus son épaule pour la rassurer. Elle s'endormit comme si elle n'avait pas dormis depuis son départ, peut être était-ce le cas...

L'orage continuait de gronder, seul Gamji et moi restèrent éveiller et maintenant je me dis que j'avais bien fait. Une nouvelle menace se profilait à l'horizon, je sentais quelque chose approchait. Je n'aurai su dire d'où me provenait cette intuition mais elle se faisait de plus en plus certaine. Dans les ténèbres de cette nuit orageuse, je l'ai vu s'avancer vers nous. Encore un des leurs ou plutôt encore un des miens. Il sortit les armes de leurs fourreaux et marchait très tranquillement. Il pensait peut-être être notre nouveau bourreau mais Prisca n'était pas là et je n'avais aucun moyen de l'appeler. Quant à Fangh, il ne semblait pas décider à réapparaitre. L'étalon sentis également cette présence, je réveillais Nell en douceur, lui passant la main par-dessus les lèvres pour ne pas qu'elle lance un cri en s'éveillant.

 Alors qu'il devait se trouver à une bonne centaine de mètres devant nous, nous chevauchâmes l'étalon ailé sans faire de bruit. D'abord, j'ordonnai à Gamji de marcher très doucement en direction de la sortie que j'avais remarquée avant que l'orage ne tonne. Mais une branche se brisant sous les sabots fins du cheval avait dû justifier notre présence aux yeux de notre assaillant. Je frappai avec toute la force que je pouvais donner, contre les flancs du cheval. Il partit à une vitesse qui, de par l'habitude,  ne m'impressionnais plus.  Une nouvelle course se jouait désormais, Nell sanglotait derrière moi, j'aimerai tellement la consolait mais je ne voyais pas comment dans ce genre de situation.  Ce fut bel et bien un eldaryen qui nous poursuivait, le battement de ses ailes ne m'était pas inconnu et aucun oiseau ne produisait ce bruit en volant. Une pluie torrentielle s'abattait sur nous si bien que je ne voyais absolument rien. Je tentais bien sûr de garder les yeux ouverts mais sa n'était pas de la buée qui tombait.  Des flèches transpercèrent le sol  aux côtés du cheval, ce dernier les esquivait avec une facilité déconcertante, sans même glisser sur ce sol boueux.

  • - Il y a deux sorties, laquelle prendre? m'avait demandé l'étalon.
  • - Prend celle qui passe par la montagne.
  • - C'est également ce que je voulais faire.

Il se précipita alors vers la fine entrée, suffisamment grande pour nous laisser passer.  Ses sabots claquèrent sur le sol, et le bruit retentit contre les parois de cette cave. Il se mit derrière un amas de roches sombres, espérant sans doute passer inaperçus.  Un silence pesant envahit les lieux, je retenais ma respiration, Gamji ne bougeait pas. Nous attendîmes, nous ne savions s'il nous trouverait. Après quelques minutes qui nous parurent durer des heures, Gamji passa sa tête par-dessus la roche. Nell s'accrochait à moi, sa tête posait contre mon dos. Il s'avança alors, comme rassurer de ce qu'il avait vu.  Les éclairs de l'orage nous permirent de voir ce qu'il se passait et je compris pourquoi il ne nous avait pas rejoints dans la cave. Nous n'étions en effet pas seuls dans ces montagnes, l'eldaryen qui nous avait attaqués était en train de combattre un autre des miens. Sans doute ce dernier cherchait-il à nous aider mais je ne souhaitais guère savoir leurs intentions. Gamji semblait avoir confiance en celui ou celle qui était venue à notre aide.

  • - Peut-être devrions-nous partir? proposais-je à Gamji.
  • - Tu as raison. Me dit-il.

Nous sortîmes tout en prenant soin de ne pas se faire repérer.  Puis profitant  du martèlement du tonnerre sur la montagne, Gamji battit violement de l'aile. La pluie tombant toujours, je ne pouvais regarder en arrière. Je ne saurais sans doute jamais qui nous avait attaqué ce soir là, ni qui nous avait sauvé. Une chance insolente nous poursuivait, rattrapant sans doute toute les âmes souhaitant notre mort. Mais peut être était ce plus du hasard que de la chance, seul le temps nous le dira, une vie immortelle m'attend. Les réponses émergeront d'elle-même.

Au petit matin, nous survolâmes toujours le paysage. Les montagnes étaient loin derrière à présent, devant nous, au loin, s'étendait le paysage décrit dans le journal de l'archimage. D'ailleurs je crains l'avoir perdus cette nuit, il ne se trouvait plus dans ma poche. Les premiers rayons du soleil percèrent ce ciel encore couvert. Nell dormait toujours mais son étreinte se relâchait, je dû lui tenir les mains pour lui épargner une chute mortelle.  Gamji me  dit qu'il nous restait encore un peu de route avant de voir apparaitre le village.

 

 

 

3 votes. Moyenne 4.50 sur 5.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site