L’archimage
Nous voici tout deux de retour à Eldarya. Le même soleil crépusculaire baigné la cité, j’ai même l’impression qu’il s’est écouler à peine quelques minutes depuis notre départ. Prisca se tourna vers moi, je profita de cette occasion pour lui dire la discussion que j’avais surpris avant de partir pour la prévenir. Elle fronça les sourcils à mon récit. Flehmen arriva en coup de vent, serein.
-« Tu sais, sa ne m’étonne pas, beaucoup de gens veulent ma mort ici.
- Mais pourquoi ?! »
Elle me jeta un regard noir et partit en direction d’un bâtiment à proximité du palais. Il était du même style.
-« Viens ! » me lança t’elle sans se retourner.
D’étranges petits oiseaux se mirent devant moi, m’attaquant à coup de bec et de pattes m’empêchant ainsi de voir où elle allait. Je les chassais du bras droit tout en me protégeant les yeux avec l’autre. Personne ne vint m’aider, peut-être aussi que personne ne me vit me débattre. J’avança mais les oiseaux s’attaquèrent d’autant plus à moi. Je ne voulais pas me faire remarquer mais je n’avais pas le choix, sinon ils ne me laisseraient pas tranquille. De plus que Fangh ne parvenait pas à les attraper, ils disparaissaient dès qu’il refermait sa gueule sur eux. Je criai à l’aide sans trop mettre de voix. Mais personne ne vint, alors je recula et les oiseaux s’attaquèrent de moins en moins à moi. J’entendis ricaner derrière moi.
-« C’est toi le nouveau ? »
Je me retourna pour voir mon interlocuteur. Il s’agissait en réalité d’un groupe de quatre eldaryen, comportant une fille. Celui qui m’a adressé la parole était sans doute celui qui me dévisageait en riant. Les autres gardaient leur sérieux.
-« Eh ! Je t’ai posé une question !
- Oui c’est moi. Lui répondis-je sans trop d’assurance.
- Pardonnes mes oiseaux alors, nous te conseillons de ne pas trop t’approcher d’elle.
- C’était toi ? Lui dis-je sur un ton montrant mon mécontentement.
- C’était pour te protéger, on ne prédit pas les réactions de l’ange noir.
- Elle s’appelle Prisca ! » M’irritais-je, mais qu’est ce que je fais ? Je devrai aller la rejoindre tout de suite au lieu de continuer cette discussion inutile. Je me détournais donc et partis dans l’autre sens sans faire attention à eux. Mais ce type était plus tenace que prévu et se posta devant moi, m’empêchant d’avancer. Il me regardait de haut non pas, parce qu’il est bien plus grand que moi mais pour sa supériorité. Je le regardais d’un œil mauvais, lui me défiait du regard. Prisca interrompit notre face à face.
-« Bon, si tu n’avais pas envie de venir, tu aurais dû me le dire plus tôt… »
-« Mais pas du… » Commençais-je à lui répondre, mais le gaillard m’interrompit et s’adressa à elle avec méchanceté.
-« On t’a rien demandé! Tu peux dégager maintenant ! »
-« J’ai pourtant cru être la cause de cet affrontement. » lui dit elle, pleine d’ironie.
Je souri à cette réponse, L’eldaryen, lui, la fusilla du regard. Prisca s’impatienta, elle fit un geste de la main et une bourrasque identique à celle que j’avais reçue avant ma venue à Folklore s’abattit sur lui, mais elle paraissait plus puissante.
-« Je vais t’apprendre à me respecter. »
Son œil bizarre apparut. Les trois autres qui étaient assis sur les racines d’un arbre gigantesque se relevèrent la tête et se précipitèrent sur leur ami. J’intervins à mon tour.
-« Nous devrions y aller, Sa ne sert à rien de répondre à ce genre de provocation. »
Elle me fixa de son envoutante pupille en fente, puis elle reporta son attention sur l’eldaryen écrasé par la pression qu’elle exerçait sur lui. Puis elle leva la main et il fut projeter à quelques mètres avant de retomber inconscient au sol. Sur ce Prisca se retourna et je la suivis. Fangh et Flehmen se tenait côte à côte. J’ai l’impression qu’ils se familiarisent tout les deux. Une nouvelle question me vint à l’esprit, comme lors de ma rencontre avec elle.
-« Dis moi, pourquoi tes yeux deviennent comme sa lorsque tu… t’énerve un peu ? » Une légère et chaleureuse brise se leva, soulevant son épaisse chevelure blanche. Elle se retourna, les rayons du soleil éclairaient son visage, lui donnant plus de chaleur et de couleur. Je la trouvait encore plus belle sous cette lumière. Elle dégagea ses cheveux d’un côté en les tenant d’une main, puis elle me dit.
-« C’est une des raisons pour laquelle je ne suis pas la bienvenue ici. » Elle s’arrêta de marcher un instant et regarda le sol, pensive. La fricative des feuilles mélangeait au ruissellement de l’eau et au souffle pur et léger du vent me laissa rêveur, un instant je retombai dans mon monde, retrouvant une vie paisible et sans problème. Puis alors, elle se ressaisit er reprit sa phrase en parlant bas.
-« « l’œil de Shianënga », c’est ainsi qu’on le nomme. C’est un pouvoir que l’on qualifie de « maudit » puisqu’il me permet de voir les plus belles faiblesses de mes adversaires. »
Là elle prit une feuille et posa le bout sur mon bras, même si sa n’est qu’une feuille, une légère sensation de brulure me prit, puis elle l’appuya un peu plus, Instinctivement je retira mon bras et le frotta avec ma main. Je fus étrangement essoufflé.
-« Comment t’a fait sa ? »
Tout en se penchant vers moi, Elle me répondit dans le même murmure que tout à l’heure.
-« Je peux voir les marques de vie de chaque personnes de n’importe quel espèce. »
-« Quoi ? » lui demandais-je
-« Les marques de vie se matérialise sous forme de fissure se concentrant un en un point plus ou moins gros sur la personne. Toi tu en as un ici (elle désigna mon bras droit), ici, (là elle désigna ma joue), là,(mon épaule gauche) humm ici( mon rein droit), là, là et là( respectivement, ma cuisse gauche, mon genoux droit et mon mollet gauche) »
« J’en ai partout ! » lui dis-je en riant.
-« C’est pas tellement pratique pour moi, si un jour je fais un faux mouvement et que je plante quelque chose dans ces marques, tu mourra aussitôt. Mais rassure toi, tu ne souffre pas lorsque le coup est direct.
- Me voila rassuré… Mais, même si tu ne peux pas les voir, tu peux frapper sur ces trucs sans le faire exprès et tuer la personne, non ?
- Non, il faut posséder l’œil pour pouvoir toucher ces marques, si on ne les voit pas c’est comme si elle n’existait pas.
- D’accord ! Et c’est une des raisons pour laquelle il ne t’aime pas ? Mais c’est plutôt pratique si tu veux défendre cet endroit !
- Peut-être, oui. Mais c’est un pouvoir nécessitant une grande force d’esprit. Un jour ou l’autre je finirai par perdre le contrôle. Je ne peux pas leur en vouloir sur ce point...
- Tu es la seule à posséder l’œil?
- Oui … »
Je me décida à ne plus lui poser de question là-dessus, je juge en savoir assez, d’autant que c’est un sujet plutôt délicat pour elle. Je marcha dans la direction du bâtiment blanc en sa compagnie. Cela devait bien faire une heure que nous étions rentrer de cet autre monde et le soleil est toujours le même, je me tenta à lui poser la question.
-« La nuit ne tomba jamais ici ? »
-« Une journée à Folklore correspond à trois jours de ton monde, le soleil est ici soixante douze heures et la nuit vingt-quatre heures, c’est comme sa. »
-« La nuit viendra quand ? »
-« humm d’ici six heures, cela fait bien dix-huit heures que le soleil est à son crépuscule, tu as encore beaucoup de chose à apprendre, c’est la raison pour laquelle je t’emmène d’abord chez Mirone puis au C.E.N.E ensuite. »
-« Le CENE ? »
-« Centre d’Education pour Nouvel Eldaryen. »
Nous traversâmes une longue allée assombrit par la hauteur des bâtiments mais illuminée par les rayons orangeâtres du soleil. Un infime rayon traversa l’allée de manière longitudinale. Les feuilles se bousculaient à nos pieds. Le vent les poussait à exécuter cette gracieuse danse. J’écouta le bruit de ses feuilles se toucher légèrement et se trainaient au sol. Je ne pouvais me lasser de cette mélodie naturelle. Je me laissais bercer par le charme de cette vague odeur de cerise et de cette tiédeur surnaturelle du vent. Je continua d’avancer dans cette état de transe dans lequel je m’étais plongée. Ce qui me ramena fut le choc que je ressentis lorsque je me cogna à Prisca. Cette dernière s’était arrêtée net devant un petit édifice. Il était plutôt petit contrairement à ce que j’ai pu voir. Ce qui me frappa fut la différence de style. Il était de forme arrondis, tel un pied de champignon. Sa couleur était plus ou moins grise, la porte faite de bois foncé occupait une grande partie de la façade. A son sommet, une petite pancarte en bois noir où le prénom « Mirone » était gravé en lettre fantaisie de couleur blanche. Son toit en bois doré était de forme concentrique. Prisca se retourna, elle avait toujours ses yeux en fente. Elle me fit signe d’entré.
- Une seule personne à la fois. me dit-elle.
Je ne tenais pas tellement à y entrer seule, mais puisqu’il le faut, j’ordonna à mes muscles de bougeait malgré mon manque d’enthousiasme. Je m’approcha donc de l’étrange masure. Je frappa à la grande et épaisse porte. Mais il s’est avéré qu’après 10 minutes, la porte resta close. Je mis donc la politesse de coté, et entra sans me gêner. L’intérieur c’était sombre, il faisait noir même. J’écarquillais les yeux dans le noir. La seule lumière était celle de l’extérieur. La porte bascula légèrement et se ferma progressivement, moi je m’enfonçais dans cette obscurité. Fangh se détacha de moi et partit d’un coté, pendant que j’examinais un autre. J’avançais à tatillon dans le noir. Des petits bruits de pattes rampantes se firent entendre dans la pièce, de nombreux petits insectes devaient avoir trouvés leur refuge. Plus je m’enfonçais dans cette lugubre atmosphère et plus j’accumulais le nombre de toile d’araignée sur mes mains. Je manqua même dans avaler une. L’espace d’un instant, je trébucha sur quelque chose et tomba. Je reconnus la matière d’ossement au toucher mais je n’en fus pas certain. Je me releva donc et continua d’avancer quand mon pied ne toucha plus rien d’autre que de l’air. Puis il s’enfonça plus profondément, m’entrainant dans sa chute. La chute dura quelques secondes. Mais quelques secondes après mon arrivé au sol, j’eus une insensé sensation de monter. Cette montée soudaine me provoqua un profond mal aise. Je voyais des centaines de couleurs autour de moi, toute formant un dégradé. Puis ces couleurs se mélangèrent et formèrent un tout nouveau décor. Je me suis retrouvé dans une belle pièce cylindrique, chaleureuse et bien éclairée. Il y avait quelques courtes étagères en rectangle possédant de nombreux manuels et grimoires. Les murs était de couleur beige, le plafond était violet avec une immense lune au centre de ce cercle. Elle était ornée de nombreuses pierres brillantes blanchâtres. Le sol était pavé d’un sombre parquet usé. Au nord il y avait quelques fenêtres sans vitres donnant sur la même mer de nuage que celle que j’avais du haut du palais. Un grand bureau était placé au centre de la pièce, juste devant les fenêtres. Un tapis de taille moyenne et de couleur marron couvrait le parquet situé sous le bureau. Je resta un instant sans bouger. Une voix très grave siffla derrière moi. Je ne bougea pas. L’homme se présenta devant moi. Il n’avait absolument rien d’un eldaryen. Plutôt grand, ses cheveux étaient d’un gris foncé et sa peau plus ou moins coloré. Il était vêtu d’une grande cape noir et blanche. Il portait un chapeau long voilant son mystérieux regard teinté de vert. Il se déplaçait en volant à quelques centimètres au dessus du sol. Il prit place au grand fauteuil de derrière le bureau sans me jeter un seul regard. C'est d’une voix tranquille et aimable qu'il me dit :
-« Battler.»
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