Illusion et mensonges

 

Illusion et mensonges

- Part. 2 -

 

  

 

Contrairement à ce que je pensais, personne ne  vint miraculeusement s’interposer entre ce type et moi. Il me lança une de mes armes que je ne pus éviter tellement l’action fut rapide. Mon poignard s’enfonça dans mon épaule droite. Malheureusement pour moi, toutes mes lames étaient recouvertes d’un fin poison.  N’espérant plus rien, je disposa mes bras de manières à me protéger lorsqu’il déploya l’étendue de sa puissance sur moi. Je ne sentais plus mes mains, ni mes bras par ailleurs. Mais une certaine démangeaison à la place, une démangeaison faisant place à la brûlure et une brûlure faisant place à une irritante sensation de se faire ronger par de l’acide.  Malgré mon mal, je maintenais mes yeux fermés.  J’avais conscience de la brièveté de ce moment mais ces maux me donnaient une notion du temps bien plus longue. Je sentais une chaleur coulait le long de mon corps. C’était plutôt désagréable. Je tomba à la renverse lorsqu’il cessa cet acharnement. J’atterris dans une armoire et me fendis le haut du dos contre la porte en bois massif. J’entendis la saccade de sa respiration. Visiblement essouffler, il ne bougea pas durant les minutes qui suivirent. Moi j’avais la tête qui tournait. J’eus l’impression de divaguer, j’étais à mi chemin entre le sommeil et l’éveil. Mais je ne me rendais pas compte de ce qui se passait autour de moi. Je m’évanouis quelques instants après. Pendant ce « sommeil », je fis un rêve plus ou moins agréable. Je me revoyais là, enfant, recevant l’amitié et l’amour d’une famille détruite. Bien que je n’aie jamais connu ma mère, je la voyais. En réalité j’imaginai son visage puisque je ne le connaissais pas non plus. Pour moi son visage n’est qu’une description, celle que mon père en fait. Selon lui elle était de taille moyenne, à peu près 1m70, elle était belle, cheveux long et châtain. Ses yeux étaient bleus,  il me disait que je lui ressemblais beaucoup. Elle était jeune aussi, elle avait 25 ans quand je suis né, avant je ne savais pas pourquoi elle était morte ce jour là. Maintenant je le sais ou du moins je crois le savoir. Mettre au monde un être magique n’est pas à la portée d’un être humain normal. Ma naissance lui a demandé une force qu’elle n’avait pas. Elle a du souffrir, elle était vraiment courageuse, elle aurait pu s’éviter bien des souffrances  si elle m’avait éliminé avant. C’est cruel car à ce moment là, j’avais réalisé qu’aucun de nous n’aurait pu connaitre l’autre. Et c’est finalement moi qui suis venu au monde,  immortel. Mon rêve prit fin sur le sourire de celle à qui j’ai pris la vie.

Je m’éveillais, les yeux recouvert de poussières, sans doute cette vieille armoire. Je bougeais difficilement et mes bras me faisaient bien plus mal qu’avant. Voyant l’absence de mon agresseur, j’essaya de me lever. Même si je ne sentais que très peu a main gauche, je la posa au sol pour m’en servir comme appuie, ce contact éveilla une douleur insoutenable, Je sentais le sang bouillir sous ma peau, comme si des milliards d’insectes m’agrippaient les chairs. Je le retira aussitôt, lâchant un cri strident. Je ne fus pas au-delà de mes surprise en voyant l’état de mes mains, enfin à vrai dire je n’avais plus de mains droite ni d’avant bras droit mais un fragment de chair et de sang sécher au niveau du coude. Quant à mon bras gauche, il était également. en assez mauvais état, il ne me restait plus que deux doigts, les tendons y étaient parfaitement visible. Mon avant bras n’avait presque plus de peau.  Je releva ma tête, scrutant le plafond vide. Guettant le moindre mouvement. Cette fois ci, je sui vraiment dans de sale draps. Nell n’était plus présente dans mon esprit. Je ne la sentais plus proche de moi.  Fangh n’était pas là non plus. Je me sentais vide et seul. Etait-ce réellement la fin ? A haute voix je lança.

-«  Non, bien sûr que non ! Prisca serait déçue si elle me voyait dans cet état ! Elle serait même indignée ! Je dois l’aider, je ferai tout pour l’aider ! 

- Eh bien à te voir mon cher Will, tu as plus besoin d’aide que moi. »

Sans doute une hallucination pensais-je.  Je soupira, je deviens vraiment faible,  c’est impensable ! Je mis donc violement ce qu’il restait de mes bras et m’appuya de toutes mes forces dessus. Il fallait que je détruise ce type ! Peu importe la mission !

-          C’est pas très bon de faire sa tu sais ?

-          Putain ! Encore ce truc ! je deviens dingue c’est pas vrai ! Arrê…

Je ne pu finir ma phrase qu’elle me gifla.

-          La prochaine fois sa sera plus fort qu’une baffe si tu ne m‘écoute pas.

Je ne répondis pas. Ma surprise n’avait d’égal que la force de cette gifle. Elle me ramena directement à la réalité et m’apaisa presque. Je ne la regarda pas cependant. Elle se tenait à côté de moi, en silence. Puis elle s’approcha de moi et regarda l’état de mes « mains ».

-          « Oui il te les a bien amochés. Attend.»

Elle  posa un petit cristal, de grand trait noir provenant de sous ses bandages remontèrent jusque dans son cou et sur ses joues. Elle ferma les yeux et l’instant d’après je ne ressentais plus de douleur. Mes bras ne perdirent pas leurs blessures pour autant.

-          Sa devrait te soulager quelques temps.

Je gardais les yeux baissés et  me laissa glisser le long du mur. 

-«  Tu crois que sa redeviendra comme avant ? »  J’espérais une réponse positive.

- Franchement j’en sais rien, Ca n’est pas une blessure normal. Je ne sais pas trop comment faire, j’ai une ou deux idées mais rien de certain.

-Ah …

-Mais je ferai tout ce que je peux pour te soigner, ne t’inquiète pas.

- Merci. Mais au fait, comment as-tu su que j’étais ici ?

- C’est ton amie qui m’a prévenue. A vrai dire elle m’a littéralement sauté dessus. Je la revois encore avec ses «  Wili est en danger ! Va l’aider je t’en supplie ! » . A peine revenue, je devais déjà voler à ton secours. Mais bon Je suis contente de te revoir.

-Revenue ? Tu étais partie où ?

- Dans le même monde que celui où nous sommes allés il y a trois ans, mais avec quelques millions d’années plus tôt.

- Tu as meilleure mine qu’avant en tout cas.

- Tout le monde ne peut pas en dire autant apparemment.  Elle esquissa un sourire.

- Tu sais, J’y étais bien… Bon allez, debout, tu va me suivre mais, en silence. J’ai pu constater qu’ils t’ont joliment envoyé au casse-pipe.  J’aurai dû m’en douter, qu’elle plaie ! Bref On doit sortir d’ici.

 - Comment on va faire ?

- On n’a pas le choix, il faut le tuer, et ne me fais pas tout une scène avec des «  ne le tue pas » «  ou il ne le mérite pas sa », après ce qu’il t’a fait, tu devrais en déduire que c’est lui ou toi.

- Je n’avais pas l’intention de te dire ce genre de chose.

-Bien. Alors viens  et fais attention. Nous sommes dans une zone étroitement rattacher à ton monde que l’on appelle Théodosia.  J’ignore comment tu es arrivé ici, mais visiblement quelqu’un ne te veut rien de bon. Le type que tu as vu est une Scythe. Un magicien déchu connu comme étant une chimère d’arachnien et de nécromancien.

Je la suivis discrètement. Dehors il y avait toujours ce soleil crépusculaire et ce vent doux et silencieux.  Nous sortîmes du bâtiment en descendants quelques marches en ruines et traversâmes de fin couloirs délabrés. Lorsque nous arrivâmes enfin dehors, j’eus la même sensation que lors de mon arrivée. Une solitude infinie. Prisca me fit signe de venir. Fangh ! Où était-il ?

-          Prisca ! Chuchotais-je

-          -Quoi ?

-          Où est Flehmen ? et Fangh ?

-          Tu as déjà oublié ? les mondes agissent différemment sur nos familiers. Ils sont plus affaiblis ici. Si tu n’use pas tes pouvoirs ils ne peuvent se matérialiser. Maintenant Tais-toi et avance !

Oui c’est vrai, j’avais omis ce détail. Je me résigna à l’écouter et à ne plus dire un mot. Mais avant je souhaitais lui demander encore une chose.

-          Prisca ! lui murmurais-je

-          Quoi encore ?

-          Je ne peux pas rester avec les bras dans cet état.

-          … C’est vrai, attend.

Elle retira un de ces bandages, celui du bras gauche. 0 mon grand étonnement, il n’y avait plus de tatouage. Prisca remarqua ma surprise et me dit.

-          Je t’expliquerai sa plus tard.

Puis elle coupa la bande en deux et enroula mes bras blessés avec. Elle n’avait pas beaucoup changé. Elle semblait moins triste mais gardait tout de même cet habituel air sérieux. Elle s’assura que tout était bien lié et se retourna sans rien dire. Nous marchâmes le long des habitations, s’assurant toujours d’être dans l’ombre. Lorsqu’elle s’arrêta, je balançai ma tête en avant par curiosité pour voir ce qui l’avait stoppé. Je vis le garçon étrange s’avancer en direction de l’arbre. Cet arbre, il y avait aussi les mêmes maisons, les mêmes feuilles tombantes. J’aperçus un autre garçon à quelques distances de lui. Il était allongé au sol, scrutant le ciel. Quelque chose surgit  à côté de lui, un animal. Je compris alors qui il était lorsque je vis le renard atterrir à ses côtés. 

-Qu’est ce que je fais là-bas ? Sa n’est pas nor…

Elle me prit par la bouche et me plaqua sans bruit contre le mur.

-          Tais-toi !murmura-t-elle

-          Non ! lui dis-je en chuchotant.

-          Tu te vois parce que cette journée se recommence sans cesse mais en y incorporant des éléments qui ne se produise pas habituellement. Pour lui c’est l’occasion idéale de briser l’enchantement. Cette scythe n’aura de cesse de chercher un corps suffisamment puissant pour passer la barrière. Voir quelqu’un ici à attirer son attention, tu possède la force d’entrer et donc de sortir. Pour lui c’est une évidence.

-          Alors pourquoi ne me l’a-t-il pas pris quand il le pouvait ?

-          Parce que te tuer ne rime à rien pour le moment, ce qu’il veut c’est ton corps mais en majorité dépourvu de ton âme. Pour la détruire, il va tuer chaque jour un nouveau toi jusqu'à ce que ton toi actuel ne possède qu’une infime partie de son esprit.

-          Mais alors pourquoi m’avoir fais sa ?

-          Pour que tu ne puisses pas te défendre.

En effet,  vu sous cet angle, tout me parus logique. Je m’avança pour me voir, visiblement c’était le passage où je discutais avec lui. Là il se retournait et s’avançait en direction d’une allée de maison. Prisca me fit signe de la suivre. Ce que, naturellement, je fis.  Nous nous plaçâmes dos au mur tout en prenant soin de ne pas nous faire repérer. Je pense qu’elle veut avoir l’effet de surprise. Elle mit sa main en arrière pour me faire signe de rester où je me trouvais. La scythe était à trois ou quatre mètre de l’endroit où nous nous trouvâmes. Elle sortit son épée doucement. Elle tourna sa tête vers moi et me lança un sourire en fermant les yeux.  Elle les rouvrit brutalement et s’elança sur la scythe. Avant qu’elle ne parte je pus voir distinctement ses pupilles aussi douce et cruelles que celles d’un chat.

Confession de Prisca Loamsdown :

 

Par la suite, je ne compris pas bien ce qu’il m’arrivait. Chaque jour il se répétait les mêmes choses. Test, examens ou injections de substances. Ils me regardaient comme si j’étais le phénomène du siècle. Et moi je me laissais faire, pensant être inférieure à eux. Tout à continuer ainsi, des semaines devenant des mois et des mois devenant des années. Depuis le jour où j’ai quittée ma vie, je n’ai cessé de vivre dans cet endroit. Mais pour tout dire, je ne me souvins pas de ma vie antérieure, je ne sais le nom de mes parents et de mes frères uniquement par le biais de documents. Je ne savais même pas s’ils étaient réellement morts. Je n’ai jamais cherché à le vérifier. Un jour je me suis rendu compte d’une chose. D’une chose primordiale et tellement visible. Ils avaient tous, vraiment tous une peur irrémédiable et incontestable de moi. A tel point que je me suis effrayer moi-même.  J’ai pris peur lorsqu’ils se sont tous approcher de moi, un sourire morbide aux lèvres. J’ai libérer une énergie noire, dévastatrice, effrayante. Je ne me rendais compte de rien. Je détruisis une bonne partie du matériel et tuer tout les hommes se trouvant devant moi. Je me retrouva seule au milieu d’une dizaine de cadavres. Je resta bien quatre jours dans cet endroit. J’ai toujours regrettée d’avoir fais ce que j’avais fais. Il aurait mieux value qu’il m’élimine ce jour là.

 

 

 

 

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Dernière mise à jour de cette page le 05/10/2009

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