
Et l'hiver revient.

Les minutes qui suivirent furent longues. Je les voyais se déchirer et se massacrer mutuellement. Elle me parut moins rapide qu’avant, ou alors était-il supérieur à elle sur cette agilité ? Et vas-y que j’t’envoie un coup d’épée sur le crâne et une déflagration dans le dos. Tout sautaient, volaient et tourbillonnaient en tout sens. Moi, incapable de me défendre, resté sur le côté. J’assistais à cet affrontement avec avidité. Il disparut soudainement et réapparut quelques instants après, lui permettant un coup en traitre que Prisca ne pu éviter. Elle fut emporter par la force du coup porter et tenta de se stabiliser pendant sa trainer au sol. Un nuage de poussière se forma sur son passage. La visibilité en devint vraiment mauvaise. Je scrutais les horizons, à la recherche de quoi que ce soit. Un silence pesant retomba. Je ne distinguais pas grand-chose du côté de Prisca. Quant à lui, je le perdis de vu. Je le cherchais du regard, tendais l’oreille, j’usais de tout mes sens en les améliorant le mieux que je pus. Un léger, très léger bruit parvint à mon oreille. Je me retournais mais rien. Je regardais à droite, à gauche, en toute direction possible mais rien. Alors je longeai le bâtiment auquel j’étais accolé et longeais sans faire de bruit. Une fois le tour fait, je ne voyais absolument rien. Les deux ennemis avaient disparut, me laissant seul. Il n’y avait pas de vent, pas de vie ici. Je me sentais comme mort au milieu de ce village abandonné. Je m’assis et attendis. Toujours rien. Au bout d’une heure, se fut le même silence qui m’entourait. J’entendis des bruits de pas venir vers moi. Je releva les yeux et la surprise fut telle que ma respiration se bloqua, l’espace d’une seconde. Je ne bougeais plus, lui non plus, ou plutôt moi. Nous nous dévisageâmes longuement et au bout de quelques minutes, il me dit.
-« On m’a toujours dit qu’on avait tous un jumeau dans le monde ! »
Bizarrement cette phrase m’étais également venu à l’esprit. Je me leva à mon tour, il me tendit une main que je ne pouvais serrer. En même temps nous nous dîmes.
-« Par contre j’avoue qu’on a pas les mêmes mains. », Je ne pus m’empêcher de retenir un rire, lui non plus. Je vis Fangh, même si il n’était pas vraiment le mien, je fus content de le voir. Mon autre moi, le regardais également. Je pense qu’ils communiquent en cet instant. Sa me parus irrationnel dans la mesure où Fangh est encore existant mais je l’enviais, enfin je m’enviais. Mon « autre moi » s’adressa à nouveau à moi.
- Tu dois te demander ce que je fais avec un renard, pas vrai ?
- J’en ai une… vague idée lui dis-je tranquillement.
- Malheureusement je peux rien te dire, je dois garder sa secret, je suis désolé.
- Mais ne t’en fais pas.
- Bon… On va y aller, j’ai étais ravi de rencontrer !
- Moi de même !
Il partit et je le salua de la main. C’est une expérience bien spécial de discuter avec soi-même, mais le pire c’est de se voir. Je devrai garder un œil sur « lui ». Après tout si la scythe veut ma peau, il s’en prendra à ce « moi ». S’il faut le protéger, il vaut mieux savoir où il se trouve. Ne voyant plus rien autour de moi, je partis à la recherche de Prisca. Mais où ont-ils pu disparaitre ? Je progressais entre les allées droites, là où il n’y avait absolument aucun bruit, pas le moindre battement d’aile ou de froissement de feuille. On y était coupé du monde. Je repassa à côté de la cabane en bois que j’ai vu la journée précédente. Elle me parut trop étrange pour ne pas avoir un rôle dans cette histoire. Je m’en approchais donc. A chaque pas, j’éprouvais une vibration montait en moi. C’était exaltant, revigorant, je me sentais fort et vivant. Une impression qui ne m’a jamais effleuré auparavant. Je perçus les émotions que l’être humain présent se risquait à masquer. Mais je me sentais attirer par cet endroit comme une abeille par le miel, comme un vampire par l’odeur du sang. Je n’étais plus maitre de moi-même et je continuais malgré moi d’avancer. Au fond, je me dis que je n’avais jamais vécu cette expérience. Une fois au seuil de la cabane, je défonça la porte par un charme mental, Elle s’effrita par le haut et s’écrasa en lambeau à mes pieds. Un homme d’une trentaine d’année était attacher au fond, les mains lier entre elle par une corde, serrer jusqu’au sang. Il était partiellement dénudé, quelques cicatrices trainaient à droite, à gauche, mais il ne semblait pas avoir subit d’autres violences. Il avait les cheveux long, je pense que sa fait un moment qu’il traine ici. Par ailleurs, le sang ne devait plus circuler dans ses mains vu leur couleurs. Il releva enfin la tête et murmura quelque chose d’inaudible, même pour moi. Je lui demanda de répéter. Il le fit, mais cette fois, ce fut plus clair : « Ache…..ve »
- Achève ?
- Moi…
L’humain en moi refusais catégoriquement de l’éliminer, il ne mérite pas cette mort, c’est trop cruel mais l’eldaryen, lui, avait une sérieuse envie de l’achever, et de s’imprégnait de son énergie vitale. Mes pensées étaient brouillées, je me sentais perdu entre ses deux sentiments. J’entamais une lutte, un conflit interne. Je me retourna et contempla le soleil, le regardais était une torture pour les yeux, mais puis-je devenir aveugle ? N’ai-je pas un pouvoir qui m’en empêche ? Mes pouvoirs s’agitèrent en moi, je n’avais plus de contrôle sur mon esprit et mes envies. Je relâcha un excès de colère accompagné d’un soulèvement de terre en vortex autour de moi. Puis je m’écroula et ne bougea plus. Je luttais contre mes instincts mais ils furent plus puissants que ma volonté. Alors je succomba au plaisir et laissa cette force prendre le contrôle de mon être. Je me leva donc, lentement, toute ailes dehors. Une étrange aura verdâtre m’enveloppa. Je me mis à son niveau et le regarda dans les yeux. Puis je posa ce qu’il me rester de ma main gauche sur sa tête. Il me regarda intensément et me dit très distinctement. « Merci.» La procédure s’entama, Je sentais quelque chose dans mon bras aller et venir. Ma main se reconstitua doucement sous mes yeux. Je ne m’étais jamais senti aussi vivant. Une force m’envahit et ne cessait de s’amplifier au fil des secondes. Ma main tremblait, Je sentis mon autre main se reconstituer. Je pris bien dix minutes à l’absorption de son karma. La vie quitta enfin son corps, je me releva et sortis de la cabane. J’avais retrouvé mes esprits mais ce remord me suivrait à présent jusqu’à la fin de mes jours. Un bruit de coup parvint à mon oreille. Tout mes sens semblaient améliorer, j’avais l’impression de pouvoir voir la plus petite des choses ou d’entendre le bruit le plus lointain. Je n’avais pas remarqué que Prisca et la scythe étaient en pleine acharnement aérien. Je les entendais très clairement maintenant. Je me demandais comment aider Prisca sans risquer de la gêner. Une idée me vint soudain. Je m’exerça à envoyer des jets de terre dans leur direction, dans l’espoir de réussir à créer une tornade. Le manège dura plus d’une demi-heure mais rien, je n’y parvenais pas. Prisca ne semblait pas en difficulté, mais la scythe non plus, ils continuaient leur lutte acharnée, et je fus incapable de quoi que ce soit.
¤ Je vais la contacter si tu veux bien¤
¤ Fangh ! je suis content de te voir, tu n’imagines pas.¤
¤ Evidement !¤
¤ Fais gaffes aux chevilles ! ¤ Ricanais-je
¤ T’en fais pas pour moi, j’en ai quatre !¤
Je riais intérieurement.
¤Oui je veux bien que tu essaie. ¤
Il ne bougea plus. Je fixais Prisca dans le ciel, attendant une réaction de sa part. Au bout de quelques secondes elle regarda dans ma direction. De là haut elle semblait chercher une issue, un moyen de le semer. D’un coup d’aile, je décolla vers eux, lui lançant quelques minces jets de terre ça et là, cherchant ainsi à le déstabiliser. J’avais bien plus de pouvoir à terre, ce qui, en somme, était plutôt normal. Prisca comprit ma parade et partit au sol, pendant que je l’aveugler de toute la terre que je pouvais soulever à cette distance. Puis, jugeant la visibilité suffisamment mauvaise, je m’écarta de lui et me dirigea vers l’endroit où le karma de Prisca me guidait. Je la rejoignis enfin, elle semblait préoccupée, je ne lui posa pas de question. Elle se tourna brutalement vers moi, elle n’avait plus les yeux en « fente » comme avant. Elle me dit très rapidement.
- Prépare-toi !
Une seconde lui suffit à faire apparaitre une gigantesque tornade. Noble et puissante. Les paysages se déformés sous mes yeux. Je voyais les choses assez clairement, même au travers de cette rafale. Elle fit usage d’un pouvoir qui dépassait de loin le mien. Son vent soufflait à tel force qu’aucunes habitations n’y résistaient, les arbres tentaient de résister, leurs profondes racines semblaient s’agrippaient à la terre. Tandis que moi je ne bougeais pas. Au centre de ce vortex infernal. Bientôt cette tornade ferait sans doute un effrayant cyclone. Je me tourna vers Prisca, elle parut sereine, les yeux clos, j’eus presque l’impression qu’elle dormait. Le vent m’empêchait de prononcer mots. Je m’approche plus près d’elle et lui souffla à l’oreille « que dois-je faire au juste ? ». Elle me répondit d’une passibilité déstabilisante.
- Mélange ton pouvoir au mien.
La scythe résistait plutôt bien à la tornade et je n’avais pas remarqué qu’il essayait d’y pénétrer depuis son apparition. Bizarrement, la promesse que je m’étais faite, me revint en mémoire.
« Aider Prisca à être reconnue, l’aider autant que je le peux, de tout mon être.. ». Je Pris enfin réellement conscience de celle qui avait le plus d’importance à mes yeux. Sa parait absurde de penser à ce genre de chose dans une situation pareille, mais pourtant.... Alors je fermais les yeux à mon tour et concentra toute ma volonté dans mes capacités. Je fis du mieux que je pus pour visualiser un tourbillon de terre dans ma tête. Lorsque je me sentis prêt, je relâcha toute mon énergie. Au moment même où la terre s’élevait, elle se mélangeait avec le vortex de Prisca, créant ainsi une barrière rotative infranchissable. La puissance associée des deux pouvoirs accélérait la vitesse de rotation. A cause de la terre, on ne voyait plus rien. Prisca me dit d’avancer lentement. J’obéis, je lui offrais toute ma confiance. Plus nous avançâmes et plus le bruit des maisons, en lambeaux, se mêlant à notre tornade se faisait fréquent. Quant à la scythe, je ne l’entendis plus.
Nous traversâmes le village ainsi, a l’aveugle, sans savoir où nous allions réellement. Pourtant Prisca paraissait sûre d’elle. Elle maintenait ses yeux fermer, la tornade ne perdit pas de sa puissance. Un impacte se fit ressentir. Je ne m’inquiétais pas. C’était sans doute normal. Elle me dit que c’est la barrière qui a fait sa, nous sommes en train de sortir de ce « monde ». Je commençais à faiblir, maintenir la terre en l’air était très difficile, surtout pour un débutant dans mon genre. Je ne fléchissais pas pour autant, je devais résister. Nous gardâmes le même rythme le temps de la sortie, mais au fur et à mesure du passage, le vortex faiblissait et une certaine pression s’exerçait sur nous. Lorsque nous arrivâmes enfin de l’autre côté, Prisca brisa la tornade et moi je tomba à terre, ou plutôt dans la neige.
- Prisca !
- Euh.. Oui ?
- Pourquoi il y a de la neige ? en partant il n’y en avait pas !
- Nous, enfin oui nous sommes resté assez longtemps à théodosia, tu sais bien que le temps n’est pas le même ici et là-bas, il à dû s’écouler quelques mois ici pendant notre séjour, assez pour faire venir l’hiver dans la région en tout cas.
- Ah ouf, je croyais qu’on avait atterris encore ailleurs…
De gros flocons se pointèrent et me tombèrent dessus, en moins de quinze minutes, une nouvelle nappe blanche faisait place à l’ancienne, qui avait était abîmées par des enfants en furie. Tout était méconnaissable et tellement plus beau. Prisca ne disait rien, elle fixait le paysage pensivement. Ce que j’espère c’est avoir l’occasion, un jour, de la voir s’amuser et s’émerveillait devant un tel spectacle. J’aurai au moins appris quelque chose. Dans ce monde, tout n’est qu’illusion et mensonges.
Confession de Prisca Loamsdown.
Ce qui m’a ensuite m’a conduit à une folie furieuse. Je ne laissée personne s’approchait de moi, j’hurlais quand un semblant de lumière me parvenait et le moindre objet était considérer comme une arme visant à m’éliminer. L’aliénée, c’était comme sa qu’ils m’appelaient, et aujourd’hui encore. Ce mot m’a value la lettre A de mon prénom, tout comme mon insensibilité qui m’a value le I. Je ne comprenais pas l’utilité d’un prénom, mon ancien nom m’était à présent inconnue et personne ne semblait le connaitre. Dans le noir, une force grandissait en moi. Les corps émettaient une aura très étrange. J’ai posée ma main dessus et sans m’en rendre compte, je jouissais d’une plus grande force et d’une supériorité sans égal. J’ai passée la nuit à aspirer ce qui se dégager des corps en décompositions. Lorsque les autres entrèrent, ils crurent que j’avais dévorée les corps, mais non. Ils s’étaient désintégrés d’eux même. Ce n’est pas ma faute si seul les os étaient présents à la fin de la nuit. Les marques sur mes bras me brulaient très fortement, cette douleur n’est jamais réellement partie, c’est la seule chose qui puissent me faire mal .
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1. gaspar Le 17/10/2009 à 17:53
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